*Compte Rendu Visite Orphelinat Pondichéry octobre 2009

 

Nous avons passé deux jours, à Pondichéry, avec Alice et son mari dans l’établissement soutenu par l’Association de Mr Adonis MATHURIN et ses amis.

 

Chaleureusement accueillis « en Fanfare » par les enfants du cours d’harmonie , nous nous sommes plongés d’emblée dans l’ambiance studieuse des heures de classe et avons partagé les temps de détente des enfants .

 

Plusieurs groupes de petits de 6 à 10 ans  étaient répartis, qui dans les diverses pièces de la grande maison , maintenant toute blanche , qui dans les salles de classe aménagées sous un vaste préau recouvert de tôle ondulée. Les instituteurs  et institutrices sont des professionnels  de l’ETAT en contrat conventionnel .

 

Lecture, écriture, calcul et anglais  sont au programme au son pas toujours assez étouffé des deux classes de musique : fanfare harmonie, et percussions.

 

Lors de notre visite, bénéficiaient les plus grands  avaient un jour de libre consacré au travail personnel : ils vont en effet en classe en dehors de l’établissement, dans l’école d’Etat. Ils partageaient leur temps entre le travail personnel, et des travaux pratiques dans l’atelier actuellement encore  rudimentaire,de formation professionnelle: Soudure à l’arc, sciage du bois dans le règles de l’art …. (J’aurais bien volontiers remplacé  ou réaffûté la lame de la scie circulaire en la voyant peiner dans du vulgaire contreplaqué) …..

 

Alice et son mari MARAN passent de classe en classe pour vérifier la qualité du travail, s’assurer du sérieux des plus grands et encourager les plus petits.

 

Alice, c’est la « Mamma », adorée et un peu crainte pour son autorité bienveillante ; toujours un câlin pour les plus petits, un geste tendre et

 

maternel, un petit mot gentil pour soutenir et encourager les efforts et la fierté du sourire et du regard de l’enfant  en retour ……

 

Le repas de midi, offert ce jour-là par des voisins donateurs, nous a impressionné par la qualité du rituel.

Après la « récré bruyante » de fin de matinée, chaque enfant va se laver soigneusement les mains et le visage, se passe du désinfectant, prend  son assiette en inox  à bords relevés et s’installe du plus petit au plus grand dans la file d’attente : en silence, dans le calme ; une fois servi d’un grosse ration de riz parfumé, accompagnée de poulet  et de légumes, chacun rejoint sa place.

On imagine ici, en France, le brouhaha insupportable d’une cantine de 80 enfants ! 

 

Ici rien de tout cela : on mange religieusement de la main droite ,  avec ses doigts , sans en mettre une miette sur les vêtements ou par terre. La nourriture  est précieuse : on la respecte comme on respecte le temps du repas de chacun.

Au signal de fin, chacun va faire sa petite vaisselle  et les grosses casseroles  sont grattées à tour de rôle.

Et, direction les balançoires, toboggans et autres tourniquets  pour une seconde récré bien bruyante celle là : la joie de vivre naturelle et l’énergie des enfants explosent! 

 

Un des grands, dans un réduit, s’arme d’un tondeuse capillaire électrique  et rafraichitrefait  la coupe de cheveux des candidats !

 

Classe à nouveau une partie de l’après midi.

 

Surprise pour les visiteurs : les enfants et leurs professeurs  avaient préparé un spectacle de musique et  danses  traditionnells. Orchestre   de cithares , violon , percussions , puis  danses en costume .

 

Plusieurs des enfants sont manifestement doués pour les arts et "crèvent l’écran" par leur talent. Alice raconte fièrement que des premiers  prix  ont déjà été gagnés par certains de ses  élèves dans des concours régionaux.

 

Fin d’après midi à nouveau consacré à l’hygiène : chaque enfant se déshabille , se douche au robinet de plein air , et en profite pour savonner ses vêtements : ceux de la veille ont séché sur le toit de l’immeuble et une partie a été repassée. Alice ne fait qu'une grosse lessive par semaine. 

L’extrême  propreté des locaux, des enfants et de leurs vêtements a été pour nous une constatation dominante tout au long de notre séjour .(Ce n’était visiblement pas exceptionnel, ou simplement relatif à notre visite .)

 

Les travaux vont bon train  en ce qui concerne les nouvelles constructions financées en partie par les « Orphelins de Pondichéry » :

 

La future cuisine "en dur" en est à la première dalle qui devait correspondre au toit. Les artisans s’y activent .

 

Actuellement la cuisine est faite par une  dame , employée de l’orphelinat , sous une toile de tente, sur  un  foyer au bois ….il doit y faire près de 50 degrés ! dans la fumée  et les odeurs d’épices. Pour les mauvais mois il y a déjà une petite cuisine exiguë dans une extrémité du grand bâtiment . Mais on s’y marche sur les pieds , même seul, je suppose ! En période de mousson il est difficile de cuisiner au feu de bois dehors ….C’est dire la nécessité de terminer rapidement la nouvelle cuisine

 

Les fondations du futur grand atelier de formation aux métiers manuels (Mécanique , serrurerie, bâtiment et menuiserie etc …) sont en cours de coulée .  L’argent est comme toujours le nerf du projet .

 

 

 

Le sentiment général de la visite est celui d’avoir été plongé dans une entreprise pleine de cœur , au service des ces enfants démunis ,   pour les amener du mieux possible à l’ âge adulte  avec les meilleures armes de réussite possible : une éducation intellectuelle et professionnelle , culturelle et artistique, sans jamais négliger de solides notions d’hygiène.

 

Mais n’oublions jamais que le pouvoir d’achat d’un euro est multiplié pat 10 environ en Inde du Sud . Deux exemples :

 

 

Pour 150 euros, chez un grossiste nous avons rempli notre taxi de fournitures scolaires , et autres produits de première nécessité pour les enfants …..

Pour un demi euro on mange un excellent repas à Pondichéry, dans un restaurant traditionnel.

 

Si vous donnez 90 euros aux « Orphelins de Pondichéry » , n’oubliez jamais que l’état Français vous en rembourse 60 en crédit d‘impôt,  et cette somme aura sur place un pouvoir d’achat de 500 à 900 euros …..

 

Au delà du rôle que pourrait ou devrait, jouer à nos yeux, l’Etat indien, pour ses orphelins , il est important de savoir qu’à 10 000 km de chez nous , dans une ville fondée au 17 siècle par un français *,  il y a un lien de cœur qui existe  avec des enfants , qui savant très bien où est la France , qui connaissent le nom de Voujeaucourt, celui d’Adonis Mathurin et de ses amis , et que ce lien du cœur existe par delà toutes les contraintes politique que nos pays traversent et traverseront. C’est probablement cela qui est le plus porteur de sens pour notre action ….Il ne faut jamais oublier non plus que tant que ces enfant sont enfants, ils ont besoin de nous et de la fidélité de notre engagement. Inutile de donner une fois  quelques euros avec attendrissement, si on n’a pas l’intention de rester fidèle à cet engagement moral… dans le futur .

 

 

*François Martin , né à Paris en 1634 ,  s’installa à Puducherry  en 1674, dans d’anciennes loges danoises; envoyé là par Colbert pour fonder un établissement commercial en relation avec la Compagnie des Indes , dont les voiliers appareillaient de  Saint Malo  pour un voyage  aller et retour qui durait bien souvent plus de deux ans , s’il avait une issue heureuse … !

 

Claude et Christine GAUTHIER.